Par deux points fascistes passe une extrême droite (J. Yanne)

Publié le 30 mars 2010
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Longtemps, parmi les partis politiques canadiens nous trouvions le Parti progressiste-conservateur au sein duquel militaient quelques Red Tories. À sa droite, le Parti réformiste du Canada qui donna naissance à l’Alliance canadienne. Le Parti progressiste-conservateur a frôlé la disparition après l’ère Mulroney. De 2000 à 2003, un nouveau parti de droite fit son apparition : l’Alliance canadienne, de son vrai nom, l’Alliance réformiste conservatrice canadienne. Tout un programme! En décembre 2003, l’Alliance canadienne et le Parti progressiste-conservateur ont fait le choix de se saborder afin de fonder un nouveau parti : le Parti conservateur du Canada. Le parti est maintenant dirigé par Stephen Harper, l’homme qui serre la main de son fils de 6 ans au lieu de l’embrasser lorsqu’il l’emmène à l’école.

Les Canadiens sont désormais entre bonne main avec ce parti dont un ministre est adepte du créationnisme et pourtant, ce ne sont pas les dinosaures qui manquent autour de lui. Un parti qui déchire le protocole de Kyoto et qui encourage l’exploitation des sables bitumeux de l’Alberta; remarquons que l’Alberta a donné naissance au Reform Party et à l’Alliance canadienne. On ne mord pas la main qui nous nourrit. Un parti qui est contre le contrôle des armes à feu; mais que ferait un cow-boy sans son arme qui lui tient lieu d’argument? Et dans quelle région du pays trouve-t-on le plus de cow-boys? Bravo, bonne réponse!

Un parti qui veut réformer le Sénat. Une magnifique idée s’il en est une, mais si les Conservateurs veulent réformer le Sénat, ce n’est pas pour le dépoussiérer, mais pour le mettre à leur main. Un parti pour la loi et l’ordre façon shérif du Deep South américain. Un parti contre le mariage gay et contre l’avortement. Un parti qui n’hésite pas à bâillonner les scientifiques des différents ministères. Un parti qui démet les directeurs d’agences gouvernementales qui osent s’élever contre certaines pratiques du gouvernement Harper. Un parti qui refuse d’accorder des fonds aux associations et aux ONG qui s’écartent des politiques de droite du gouvernement. Un parti qui n’a réussi au Québec, qu’à faire élire de glauques charlots : un amateur de Jos … Louis en Bauce, un Ti-Coune (Infoman dixit) dans Mégantic-L’Érable ou un amateur de téquila en manque dans Jonquière-Alma. Je n’ai mentionné que les plus illustres.

Voilà maintenant que sort au grand jour, ce que nous soupçonnions déjà : la droite ultrareligieuse a ses entrées au gouvernement Harper et les Évangélistes de tout poil chuchotent à l’oreille des ministres. Le Moyen-âge plus un an.

Exit la police montée comme symbole du pays. Le nouveau branding du Canada : un cow-boy armé qui roule en pick-up, qui serre la main de son fils (il ne voudrait pas qu’on le prenne pour un pédophile), qui se gave chez Tim Horton, qui entre en transes au temple tous les dimanches et pour qui le Stampede de Calgary représente le (red) nec plus ultra des événements culturels.

Je ne serais pas surpris que sous peu, Stephen Harper décide de changer son prénom pour celui de Sarah.

Laissez venir à moi les petits enfants – (Marc 10, 13-16)

Publié le 27 mars 2010
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À la lueur des récentes accusations de pédophilie à l’encontre de membres du clergé catholique, il semblerait que ces paroles de l’évangile de Marc, aient été détournées de leur sens initial.

Marc l’évangéliste (Marc 4, 21-25) nous raconte: Jésus disait encore à ses disciples cette parabole : « Est-ce que la lampe vient pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ? Car rien n’est caché, sinon pour être manifesté ; rien n’a été gardé secret, sinon pour venir au grand jour. Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » Que de sages paroles … que ne furent-elles entendues par ces prêtres, ces chanoines, ces évêques, ces archevêques, ces cardinaux ou autres papes qui, tous, ont préféré jeter le manteau de Noé sur les déviances de leurs pairs lorsqu’on les leur rapportait.

Alors qu’il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, aussi connue sous le nom de Saint-Office, Joseph Alois Ratzinger aurait pudiquement fermé les yeux sur certaines dégueulasseries commises par de bons prêtres ensoutannés, qui avaient par trop laissé venir à eux,  d’innocents petits enfants. La Congrégation pour la doctrine de la foi se divise en trois secteurs de compétence : doctrinale, disciplinaire (sic) et matrimoniale. C’est ce même préfet qui fut élu pape en avril 2005, sous le nom de Benoît XVI.

Pour les dirigeants de la très catholique et de la très romaine église, ordonner à leurs commettants de ne pas lire le « Code da Vinci » ou d’excommunier l’équipe médicale qui avait pratiqué un avortement sur une fillette que son père avait violée et engrossée, revêtait une urgence que n’avait pas l’exclusion des pédophiles qui sévissaient au sein de leur Église.

L’Osservatore Romano, l’organe officiel du Vatican, prend à partie les journalistes qui, selon lui, mènent une campagne de dénigrement contre l’Église catholique et contre le pape. Jusqu’à notre bon cardinal Ouellette qui embouche la même trompette et pourfend ces infâmes et mécréants journalistes. Il doit s’agir d’un vaste complot mené à l’échelle de la planète par les mercenaires d’une presse mondiale en mal de copies. Des États-Unis à l’Allemagne, du Canada à l’Autriche, de l’Irlande à l’Italie les cas de pédophilie commis par des clercs sourdent de toutes parts, preuves à l’appui. On ne saurait que s’incliner et saluer tant d’imagination de la part des journalistes.

Ceux qui s’élèvent contre ces révélations invoquent deux arguments massue. Le premier argument : la société d’il y a trente, quarante ou cinquante ans manifestait plus d’indulgence envers de tels écarts de conduite de la part de ses prêtres. La belle affaire. Admettons que ce fut le cas, mais la doctrine de l’Église était-elle différente à l’époque? L’Église permettait-elle aux prêtres de se transformer en prédateurs sexuels? Le vœu de chasteté des prêtres n’avait-il valeur que si la victime était majeure? Le deuxième argument : il n’y aurait pas plus de pédophiles dans l’Église que dans la société en général, soit 4%. C’est aller un peu vite en besogne. Je veux bien admettre cette statistique, à cette différence près : la société n’a pas pour mission de promouvoir la vertu et la morale; l’Église, oui.

Le pape gagnerait en crédibilité s’il posait des gestes concrets pour chasser de l’Église ces prêtres qui la déshonorent au lieu d’offrir aux victimes ses plates excuses. Il gagnerait aussi en crédibilité et en humilité s’il s’habillait normalement au lieu de s’attifer en drag queen et s’il délaissait un peu la pompe et le faste quand il se déplace ou apparaît sur son balcon.

Saint-Siège ou sein siège? Nos Saints-Pères les papes ou nos Saints-Pères les pipes? À vous de choisir cher Benoît XVI, ça presse et surtout, n’oubliez pas qu’un certain Louis portant le même « nom de famille » que vous, a très mal fini un certain 21 janvier 1793.

Benêt 1er et sa couronne de tôle

Publié le 02 novembre 2009
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Il y a quelques semaines, alors que l’Afghanistan s’apprêtait à élire son président, tous s’accordaient à dire qu’une participation de moins de 50% des électeurs aptes à voter, enlèverait toute crédibilité au candidat élu.

 

À Montréal, le maire Tremblay retrouve son siège à la mairie après s’être faufilé entre ses deux principaux opposants. Moins de quatre électeurs sur dix lui ont accordé leur confiance. Si nous prenons en compte l’ensemble des citoyens inscrits sur les listes électorales, Gérald Tremblay ne représente que 11,9% des citoyens de la ville dont il est le maire pour encore quatre ans. Une farce qui nous ferait crouler de rire si elle n’était si tragique.

 

À quand des élections à deux tours qui assureraient aux citoyens qu’au moins 50% d’entre eux auraient élu le maire et ses conseillers?

Un p’tit tour de bateau, un p’tit voyage en Italie, un p’tit contrat

Publié le 20 octobre 2009
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De janvier 2005 à juin 2009, la ville de Montréal a accordé 886 contrats à différents entrepreneurs. À elles seules, 16 compagnies qui représentent 6% du secteur de la construction ont obtenu 406 contrats, soit 46% du total des contrats accordés par la ville. De ces 16 compagnies, 11 appartiennent aux entrepreneurs suivants : Tony Accurso, Paolo Catania, Famille Catania, Joe Borsellino, Nicolo Milioto, Giuseppe Zambito, Antonio Conte, Domenico Cammalleri, Natalino Cappello, Giuseppe Borsellino (celui de B.P. Asphalte et non celui de Construction Garnier) et Alex Sciascia. Ces 11 compagnies se partagent 276 contrats d’une valeur de 535 017 000 millions de dollars.

 

Certaines de ces compagnies et leurs dirigeants ou actionnaires font partie des généreux pourvoyeurs de fonds de partis politiques, tant municipaux que provinciaux ou fédéraux. Collusion entre entrepreneurs et élus municipaux, collusion entre entrepreneurs et certaines grosses légumes du monde syndical, collusion entre entrepreneurs, le milieu syndical et le crime organisé. D’aucuns prétendent même que la mafia toucherait 3% de chaque contrat accordé par la ville.

 

Il serait grand temps que le gouvernement accepte la tenue d’une grande commission d’enquête, cesse de se laver les mains et cesse de se cacher derrières de prétendues enquêtes policières qui n’aboutissent jamais. Il est toutefois peu probable que le gouvernement Charest, à moins d’y être poussé par une opinion publique dégoûté de ces magouilles, aille de l’avant dans ce sens. Une telle enquête risquerait trop de révéler les liens incestueux qui unissent nos élus de tout acabit et le merveilleux et très lucratif monde de la construction.

 

Lorsque Louise Harel s’est présentée à la mairie de Montréal, il s’en est trouvé pour lui reprocher son manque de connaissance de l’anglais. Vu les circonstances et vu ce qui se passe à Montréal, m’est avis que Madame Harel devrait plutôt se mettre à l’étude de l’italien.

La pleutrerie crasse du gouvernement Charest

Publié le 09 octobre 2009
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Le gouvernement Charest et sa ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James, s’apprêtent à tout mettre en œuvre pour davantage s’enliser dans les sables mouvants de ces accommodements, dits raisonnables.

 

Il semblerait que désormais, les organismes et les sociétés de l’État doivent se montrer accommodants envers les immigrants, alors que ce devraient être à ces immigrants de s’adapter aux valeurs de la société dans laquelle ils ont librement choisi de vivre ou qui, dans le cas de réfugiés, leur aura ouvert ses portes.

 

S’il est un principe universel qui doit primer sur tous les autres, difficile d’en trouver un autre que l’égalité entre les hommes et les femmes. Le seul qui devrait avoir prépondérance sur tous les autres, y compris sur la liberté religieuse laquelle bien souvent, se montre discriminatoire envers les femmes et d’autant plus discriminatoires quand il s’agit des branches les plus orthodoxes, les plus extrémistes ou les plus traditionnalistes de ces mêmes religions. L’égalité entre les hommes et les femmes ne devrait jamais être subordonnée à des dogmes religieux, quels qu’ils soient.

 

Près de deux ans après la publication du rapport de la Commission Bouchard-Taylor que le gouvernement Charest s’est empressé d’oublier, le Québec reste toujours embourbé dans ses contradictions et dans ses tergiversations. C’est l’âne de Buridan qui ressuscite. Le rapport Bouchard-Taylor recommandait au gouvernement, entre autres recommandations, de préparer un livre blanc sur la laïcité. Passée aux oubliettes cette recommandation. Le crucifix qui orne un mur de l’Assemblée nationale veillait au grain.

 

Un patient du CHUM de religion juive ou musulmane, pourra toujours, s’il le demande, manger cacher ou halâl. Un patient catholique, hospitalisé à l’Hôpital général juif, ne pourra avoir un verre de lait avec sa viande et ne pourrait demander du jambon ou du porc. Cet hôpital qui suit dans ses cuisines les règles du cacherouth (kashrout hamitba’h) n’est vraiment pas porté sur les accommodements. Devinez qui se fait silencieux? Le B’nai B’rith!  

Ignatieff, un nouveau Dewey?

Publié le 05 octobre 2009
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Mal conseillé, Michael Ignatieff semble être en voie ne nous convaincre qu’après tout,  Stéphane Dion n’était peut-être pas si mauvais qu’on voulait nous le faire croire.

La rencontre des Libéraux au Centre des congrès, une rencontre pompeusement appelé « congrès », n’aura pas fait beaucoup d’étincelles. Le chef a mis l’accent sur la loyauté, une institution et une tradition au sein de ce parti disait-il. On ne saurait en dire autant de la mémoire. Pourtant, l’histoire récente de ce parti regorge d’exemple de loyauté : Chrétien-Martin, Dion-Rae, Dion-Ignatieff , Belinda Stronach, Cauchon-Coderre.

La récente démission de Denis Coderre illustre bien la difficulté pour les Libéraux fédéraux de redorer leur blason au Québec; Coderre était le neuvième lieutenant québécois de ce parti en neuf ans. On peut se gausser de Coderre, de sa propension pour les tribunes, de son habileté à se faufiler sur le devant de la scène ou de ses manœuvres cousues de fil blanc, il aura fait beaucoup pour remonter la cote de Libéraux au Québec, à un moment où personne ne voulait accepter le poste qu’il occupait au moment de sa démission. Il sera difficile à Ignatieff de le remplacer. Si la rumeur s’avérait et que le prochain lieutenant soit Marc Garneau, les choses ne s’arrangeront pas au Québec pour les Libéraux. Il est aussi charismatique et chaleureux qu’une congère au printemps.

Le week-end dernier, lors de ce prétendu congrès, Ignatieff affirmait que les Libéraux restaient unis. L’affirmation susciterait plus d’enthousiasme  si elle s’appuyait sur un programme précis qui offrait une alternative aux politiques des Conservateurs. Depuis l’avènement de Harper et de ses deux gouvernements, si les Libéraux étaient unis, c’était derrière les Conservateurs.

Plus le temps passe, plus Ignatieff ressemble à Thomas Edmund Dewey, un ex-candidat républicain à la présidence américaine. Battu une première fois par Franklin Delano Roosevelt et une seconde fois par Harry Truman et passé à l’histoire pour les inepties émaillaient ses discours. Sa campagne contre Truman fut ainsi résumé dans un éditorial du Louisville Courier-Journal : “No presidential candidate in the future will be so inept that four of his major speeches can be boiled down to these historic four sentences : Agriculture is important. Our rivers are full of fish. You cannot have freedom without liberty. Our future lies ahead”.

Que des poncifs et des lapalissades.

Le coqderre et le cauchon … une fable outaouaise

Publié le 02 octobre 2009
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Denis Coderre, député du comté de Bourassa et ex-lieutenant du Parti libéral du Canada au Québec, vit maintenant des moments difficiles. De dépit, il a démissionné de son poste de lieutenant pour le Québec de son parti, de même que de son poste de critique pour tout ce qui touche la Défense.

Les feux de la rampe lui manqueront et, comme tout accroc en manque, il entend tout mettre en œuvre pour les retrouver. Il commencera par changer l’orthographe de son nom, deviendra Denis Khadr et se livrera au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

Puis, incarcéré dans les geôles de Guantanamo, il invoquera, à l’instar de son cousin Omar, qu’il n’était qu’un enfant quand il affirmait avoir vu un ovni :

http://archives.radio-canada.ca/sciences_technologies/phenomenes_inexpliques/clips/4720/

Greenpeace et Amnesty International prendront fait et cause pour lui afin de le tirer des griffes de ce méchant bolchévique qu’est Ignatieff et des pattes d’un autre gros méchant, Martin « Olymel » Cauchon.

« Laissez venir à moi les petits enfants » Matthieu, 19:14 et l’évêque d’Antigonish

Publié le 01 octobre 2009
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En mars dernier, peut-être s’en souviendra-t-on, José Cardosso Sobrinho archevêque de Recife, excommuniait la maman d’une fillette de 9 ans qui s’était fait avorté des jumeaux qu’elle portait après avoir été violée par son beau-père. Ce dernier, âgé de 23 ans a reconnu les faits et a admis qu’il abusait de la fillette depuis qu’elle avait 6 ans; il avait aussi abusé de sa sœur aînée handicapée et âgée de 14 ans. Cette excommunication s’étendait aussi à l’ensemble de l’équipe médicale qui avait procédé à l’avortement.

L’excommunication fut avalisée par le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation pour les évêques, lequel la justifiait par le fait que les jumeaux que portaient la fillette « avaient le droit de vivre »

Plus près de nous, l’évêque catholique d’Antigonish en Nouvelle-Écosse, Raymond Lahey,  a dû démissionner pour possession et importation de pornographie qui impliquait des enfants. Il a été accusé le 25 septembre. Il est depuis introuvable. En août dernier, il annonçait que son diocèse consentait à verser 15 millions de dollars à une quinzaine de victimes qui furent, dans leur enfance,  sexuellement agressées par des prêtres.

 

Les voies de Dieu, du moins celui des catholiques, sont vraiment impénétrables. Le violeur, beau-père d’une fillette de 9 ans, n’encourt aucun blâme de son église, mais la mère de cette fillette qui a vu, pour des raisons qui tombent sous le sens, à ce qu’elle soit avortée, fut excommuniée. Un évêque néo-écossais verse 15 millions de dollars à des victimes mineures d’abus sexuels avant d’être lui-même accusé d’un crime qui impliquait des mineurs. Comme s’il s’était dit, maintenant que mon diocèse a payé, aussi bien que j’en profite aussi.

 

D’où venaient ces 15 millions de dollars, sinon de l’argent des quêtes, de l’argent des lampions, de l’argent recueilli dans les différents troncs dispersés dans les églises du diocèse. De l’argent versé par des fidèles de bonne foi et qui ne pensaient sûrement pas que leurs offrandes allaient servir à payer pour les crimes contre mineurs de ceux en qui ils avaient mis toute leur confiance. Des criminels en soutane et en étole, souvent cachés et absous par leur hiérarchie. Pendant ce temps, l’avortement est passible d’excommunication ; l’usage du condom est condamné ; les prêtres sont toujours tenus au célibat et les femmes ne sont toujours pas admises à la prêtrise. À voir ce qui se passe dans ce nids de sépulcres blanchis, on peut se demander pourquoi elles tiennent tant à y être admises. Quant au célibat de prêtres, il y aurait lieu de ne plus en faire une règle d’accession à la prêtrise. Qui sait si un prêtre marié, menant une vie sexuelle normale, aurait toujours besoin de satisfaire sa libido auprès d’enfants sans défense.

 

Il me semble aussi qu’un peu plus de simplicité de la part de la hiérarchie ecclésiastique ne saurait nuire. La pompe, le faste et le luxe dont aiment s’entourer les évêques, les archevêques et le pape, se conjuguent mal avec le vœu de pauvreté. S’il fut une époque où cette pompe, ce faste et ce luxe en imposaient au petit peuple, aux ouailles et aux gueux, l’effet ne joue désormais plus et voir leurs leaders religieux attifés comme des drag queens, les fait rire.  

Polanski’s Baby

Publié le 29 septembre 2009
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Je comprends mal ce tollé par suite de l’arrestation à Zurich de Roman Polanski, alors qu’il s’y rendait pour recevoir un prix qui devait couronner l’ensemble de son œuvre.

 

Une demande d’extradition à son encontre a été adressée aux autorités suisses qui l’ont arrêté à l’aéroport.  En 1977, Polanski passe 47 jours en prison, avant d’être libéré sous caution. Il a plaidé coupable à une accusation d’avoir eu une relation sexuelle avec une mineure de 13 ans, Samantha Geimer,  en échange de l’abandon d’autres accusations plus graves de viol et de fourniture d’alcool (champagne) et de drogue (méthaqualone, un sédatif) à personne mineure. Par crainte d’être de nouveau arrêté, Polanski s’enfuit et quitte le sol américain. Il doit toujours être jugé aux États-Unis où il n’y a pas de prescription pour des crimes commis à l’encontre de mineurs.

 

Une pétition a vite circulé afin de protester contre cette arrestation et pour réclamer la libération du cinéaste. Les signataires de cette pétition écrivent que l’extradition de Polanski, « un artiste de renommée internationale, serait lourde de conséquence et priverait le cinéaste de sa liberté » et, dans leur conclusion, ils exigent sa remise en liberté immédiate. Un raisonnement pour le moins tautologique. C’est dans la nature même de l’incarcération de priver de liberté celui qui en fait l’objet. Roman Polanski ne fut pas arrêté parce que l’on voulait censurer son œuvre, parce qu’on voulait le faire taire ou parce que son œuvre déplaisait aux puissants de ce monde. Il fut arrêté pour un crime qu’il a commis envers une enfant de 13 ans.

Après cette tautologie, les signataires de cette pétition donnent dans le sophisme et écrivent sans rire : «Forts de leur extraterritorialité, les festivals de cinéma du monde entier ont toujours permis aux oeuvres d’être montrées et de circuler et aux cinéastes de les présenter librement et en toute sécurité, même quand certains États voulaient s’y opposer». Encore une fois, qu’il me soit permis de souligner qu’il n’est ici, aucunement question de l’œuvre de Monsieur Polanski, mais d’un crime qu’il a commis et que ne saurait absoudre son aura de grand cinéaste.

Que Samantha Geimer désire maintenant passer à autre chose – et on peut le comprendre – ne dispense aucunement Polanski de répondre de ses gestes.

Personne ne disconviendra que la vie n’aura pas toujours souri à Polanski et c’est triste : une partie de son enfance dans le ghetto de Varsovie duquel il s’échappe;  sa mère qui meurt à Auschwitz;  son père qu’il retrouve quand celui-ci  sort du camp de Mauthausen et avec lequel les relations seront désormais difficiles et sa femme Sharon Tate, qui meurt  assassinée à Bel-Air en 1969. Toutefois, je ne saurais souscrire à cette thèse qui voudrait qu’une vie difficile accorde à quiconque, licence complète et l’autorise à agresser une enfant.

 

Un point reste obscur. Pourquoi la Suisse a-t-elle attendu si longtemps avant d’arrêter Polanski. Il est propriétaire d’une maison à Gstaad depuis de nombreuses années et il devait en être à son dixième voyage en Suisse. De méchantes langues laissent entendre que la chose aurait à voir avec les tribulations en Amérique, de la banque UBS.

La paille et la poutre, version Cannon

Publié le 25 septembre 2009
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Que Mouammar Kadhafi a dû trembler dans sa djellaba, quand il aura appris que Lawrence Cannon s’apprêtait à le semoncer, lors de son passage à Gander. Notre ministre des Affaires étrangères veut lui signifier l’indignation du Canada quant à l’accueil triomphant réservé à Abdelbaset al-Megrahi, lors de son arrivée à Tripoli, en provenance d’une prison écossaise.

Il nous faut souhaiter que Kadhafi rappellera à Lawrence Cannon le cas d’Abousfian Abdelrazik coincé pour plus de six ans au Soudan parce que le Canada refusait de lui émettre un passeport; il aura fallu que la Cour intervienne pour forcer le ministère à lui remettre un passeport. Le cas d’Omar Khadr, cet enfant soldat confiné aux geôles de Guantanamo et dont le Canada refuse de réclamer le rapatriement au mépris des lois internationales. Le cas de Maher Arar torturé en Syrie grâce à la complicité du Canada et des États-Unis; le Canada lui a versé une compensation de 20 millions de dollars. Le cas de Suaad Mohamud Haji, cette Torontoise de 31 ans retenue au Kenya sous une fausse accusation d’usurpation d’identité. Le cas d’Adil Charkaoui qu’on vient tout juste de libérer du GPS qu’il devait porter sur lui en permanence, au terme d’une autre saga judiciaire qui n’en finissait plus.

Pendant ce temps, le ministère perd la trace de milliers de passeports canadiens et des centaines de faux immigrants profitent du laxisme des autorités canadiennes pour frauder le pays.

On ne peut dire que le Canada soit bien servi par ses ministres des Affaires étrangères. La nullité faite ministre : Maxime Bernier, Peter MacKay et Lawrence Cannon. Un trio de choc. Ils devaient être en fin de queue lors de la distribution de la matière grise.