Longtemps, parmi les partis politiques canadiens nous trouvions le Parti progressiste-conservateur au sein duquel militaient quelques Red Tories. À sa droite, le Parti réformiste du Canada qui donna naissance à l’Alliance canadienne. Le Parti progressiste-conservateur a frôlé la disparition après l’ère Mulroney. De 2000 à 2003, un nouveau parti de droite fit son apparition : l’Alliance canadienne, de son vrai nom, l’Alliance réformiste conservatrice canadienne. Tout un programme! En décembre 2003, l’Alliance canadienne et le Parti progressiste-conservateur ont fait le choix de se saborder afin de fonder un nouveau parti : le Parti conservateur du Canada. Le parti est maintenant dirigé par Stephen Harper, l’homme qui serre la main de son fils de 6 ans au lieu de l’embrasser lorsqu’il l’emmène à l’école.
Les Canadiens sont désormais entre bonne main avec ce parti dont un ministre est adepte du créationnisme et pourtant, ce ne sont pas les dinosaures qui manquent autour de lui. Un parti qui déchire le protocole de Kyoto et qui encourage l’exploitation des sables bitumeux de l’Alberta; remarquons que l’Alberta a donné naissance au Reform Party et à l’Alliance canadienne. On ne mord pas la main qui nous nourrit. Un parti qui est contre le contrôle des armes à feu; mais que ferait un cow-boy sans son arme qui lui tient lieu d’argument? Et dans quelle région du pays trouve-t-on le plus de cow-boys? Bravo, bonne réponse!
Un parti qui veut réformer le Sénat. Une magnifique idée s’il en est une, mais si les Conservateurs veulent réformer le Sénat, ce n’est pas pour le dépoussiérer, mais pour le mettre à leur main. Un parti pour la loi et l’ordre façon shérif du Deep South américain. Un parti contre le mariage gay et contre l’avortement. Un parti qui n’hésite pas à bâillonner les scientifiques des différents ministères. Un parti qui démet les directeurs d’agences gouvernementales qui osent s’élever contre certaines pratiques du gouvernement Harper. Un parti qui refuse d’accorder des fonds aux associations et aux ONG qui s’écartent des politiques de droite du gouvernement. Un parti qui n’a réussi au Québec, qu’à faire élire de glauques charlots : un amateur de Jos … Louis en Bauce, un Ti-Coune (Infoman dixit) dans Mégantic-L’Érable ou un amateur de téquila en manque dans Jonquière-Alma. Je n’ai mentionné que les plus illustres.
Voilà maintenant que sort au grand jour, ce que nous soupçonnions déjà : la droite ultrareligieuse a ses entrées au gouvernement Harper et les Évangélistes de tout poil chuchotent à l’oreille des ministres. Le Moyen-âge plus un an.
Exit la police montée comme symbole du pays. Le nouveau branding du Canada : un cow-boy armé qui roule en pick-up, qui serre la main de son fils (il ne voudrait pas qu’on le prenne pour un pédophile), qui se gave chez Tim Horton, qui entre en transes au temple tous les dimanches et pour qui le Stampede de Calgary représente le (red) nec plus ultra des événements culturels.
Je ne serais pas surpris que sous peu, Stephen Harper décide de changer son prénom pour celui de Sarah.
